L’épargne salariale poursuit sa progression en France.
À fin 2025, les encours atteignent 229,4 milliards d’euros, en hausse de 14,7 % sur un an, selon les données de l’AFG. Un niveau record qui confirme une tendance de fond : l’épargne salariale s’installe durablement comme un outil de partage de la valeur, de préparation de la retraite et de financement des entreprises.
Une diffusion de plus en plus large
Le développement de l’épargne salariale repose d’abord sur une diffusion croissante dans les entreprises.
En 2025, 442 000 entreprises proposent un dispositif d’épargne salariale ou retraite, dont 403 000 avec un PEE. Côté salariés, 13,2 millions de personnes disposent désormais d’un compte d’épargne salariale, soit plus d’un tiers des Français âgés de 20 à 60 ans.
Cette progression s’explique en partie par les évolutions réglementaires récentes, notamment la loi Pacte et les mesures sur le partage de la valeur, qui ont accéléré l’équipement des entreprises.
Le PEE reste central
Le Plan d’Épargne Entreprise demeure le principal support, avec 191 milliards d’euros d’encours. Il continue de jouer un rôle clé en permettant aux salariés de placer participation, intéressement, versements volontaires ou abondement dans un cadre fiscal attractif.
L’épargne retraite collective progresse également, avec 39 milliards d’euros d’encours, portée notamment par les PER collectifs, qui représentent désormais l’essentiel de ce segment.
Une épargne davantage tournée vers le long terme
Autre évolution marquante : la structure des placements change.
Les supports monétaires reculent, tandis que les fonds actions et mixtes progressent. Les fonds diversifiés représentent aujourd’hui 63 % des encours, signe d’une orientation plus marquée vers le long terme.
La gestion pilotée poursuit elle aussi sa progression. Elle permet d’adapter le niveau de risque à l’horizon de placement, avec une logique particulièrement adaptée à la préparation de la retraite.
Un levier de financement des entreprises
L’épargne salariale joue aussi un rôle direct dans le financement de l’économie.
76 % des encours sont investis dans les entreprises, en actions ou en obligations, avec un ancrage fort en France et en zone euro.
Elle ne constitue donc pas seulement un avantage pour les salariés : elle contribue aussi au financement des entreprises et à la circulation de l’épargne vers l’économie productive.
Une montée en puissance qui change la donne
En 2025, la collecte brute atteint 23,4 milliards d’euros, alimentée principalement par la participation et l’intéressement, puis par les versements volontaires des salariés et l’abondement des entreprises.
Ces chiffres confirment que l’épargne salariale n’est plus un simple dispositif complémentaire. Elle devient un levier structurant, à la croisée des enjeux RH, financiers et sociaux.
À retenir
Avec près de 230 milliards d’euros d’encours, l’épargne salariale confirme son changement d’échelle.
Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement d’en proposer une. Il est de construire un dispositif lisible, accessible et cohérent avec leur stratégie de partage de la valeur.