L’actionnariat salarié a le vent en poupe. Rien qu’en 2024, ce sont 2,4 millions de salarié(e)s en France qui détenaient des actions de leur entreprise, pour 4,71 milliards d’euros levés (source ERES).
Mais au-delà de nos frontières, qu’en est-il ? Peut-on réellement étendre un plan d’actionnariat salarié à ses filiales à l’étranger ?
Bonne nouvelle : oui, c’est possible et c’est même un puissant levier d'engagement mondial, à condition de bien s’y préparer.
Pourquoi l’international est un vrai sujet ?
La France est souvent en avance sur l’actionnariat salarié en Europe. À elle seule, elle regroupe 38 % des salariés actionnaires de l’UE.
Mais pour les groupes internationaux, la vraie question est : comment impliquer aussi les équipes des filiales étrangères dans ces dispositifs ?
Les salariés à l’étranger se sentent parfois exclus de la dynamique collective. Leur proposer d’adhérer à un plan global d’actionnariat salarié permet de renforcer leur sentiment d’appartenance, tout en alignant les intérêts dans toutes les zones où l’entreprise est présente.
Quelles sont les étapes pour y arriver ?
Mettre en place un plan d’actionnariat salarié dans les filiales internationales demande un peu plus de préparation qu’en France. Il faut notamment :
Adapter le plan aux contraintes locales : législation, fiscalité, modalités de souscription…
Préparer les documents juridiques avec l’aide d’experts : plan d’épargne international, augmentation de capital, plan spécifique pour les États-Unis ou la Chine par exemple.
Valider le fonds auprès des autorités compétentes (comme l’AMF - Autorité des Marchés Français - en France).
Prévoir une communication adaptée, multilingue, claire et pédagogique : webinaires, vidéos, FAQ, réunions pays, simulateurs.
Cela peut paraître lourd, mais le jeu en vaut la chandelle. Une entreprise citée dans un retour d’expérience a mis 6 mois à structurer son opération, avec à la clé une souscription massive de la part des salarié(e)s… en France et en République tchèque !
Les clés du succès d’un plan d’actionnariat salarié à l’international
Impliquer les filiales, c’est avant tout travailler en amont :
S’entourer d’experts (juridiques, RH, financiers) capables de coordonner l’ensemble du projet.
Associer les RH et les managers locaux pour relayer les bons messages.
Synchroniser les temps forts (comme les primes d’intéressement ou de participation) avec la campagne d’actionnariat salarié.
Et surtout : ne jamais négliger la communication interculturelle. Une campagne réussie dans une filiale, c’est avant tout une campagne comprise et adaptée localement.
L’actionnariat salarié à l’international, c’est une opportunité stratégique pour renforcer la cohésion, la motivation et la fidélisation dans toutes les entités du groupe.
Vous avez des filiales à l’étranger ? N’attendez pas pour les inclure dans cette dynamique.